Un assistant IA qui se contente de répondre ne fait courir qu'un risque limité. Un assistant qui agit dans un ERP manipule des factures, des clients, des commandes. Sa sécurité ne peut pas reposer sur de bonnes intentions : elle se construit avec des droits, des confirmations et un journal. Voici les principes que nous appliquons dans SHAU AI for Odoo, et ce qu'il reste à vérifier de votre côté.
Les quatre risques à couvrir
- L'erreur de compréhension : la demande est mal interprétée, la mauvaise fiche est modifiée.
- Les droits trop larges : l'assistant voit ou modifie ce que l'utilisateur n'a pas le droit de toucher.
- La manipulation : un texte présent dans la base tente de détourner l'assistant.
- L'absence de trace : impossible de savoir, après coup, qui a fait quoi.
Chaque principe ci-dessous répond à un ou plusieurs de ces risques.
Principe n° 1 : jamais plus de droits que l'utilisateur
Odoo dispose d'un modèle de sécurité éprouvé, en plusieurs couches :
- les groupes, qui donnent accès aux applications et aux menus ;
- les droits d'accès par modèle, qui autorisent ou non la lecture, l'écriture, la création et la suppression ;
- les règles d'enregistrement, qui filtrent les lignes visibles, par exemple « un commercial ne voit que ses propres pistes » ;
- le cloisonnement multi-société, qui limite chaque utilisateur aux sociétés autorisées.
Le piège classique est l'exécution en superutilisateur (sudo), qui ignore droits d'accès et règles d'enregistrement. Pour un assistant, la seule conception saine consiste à exécuter chaque opération dans l'environnement de l'utilisateur connecté, côté serveur, sans sudo. L'ORM applique alors lui-même toutes les couches de sécurité, et l'assistant ne peut pas « voir plus loin » que la personne qui lui écrit.
Dans SHAU AI, cette règle est renforcée par un jeton d'exécution lié à l'utilisateur : le service ne peut agir dans Odoo qu'au nom d'un utilisateur qui vient de lui écrire, pour une durée limitée.
Principe n° 2 : confirmer ce qui engage
Certaines opérations doivent attendre un clic humain :
- les suppressions ;
- les actions de workflow : confirmer une commande, comptabiliser une facture ;
- les publications sur le site ;
- les envois de messages ;
- les modifications en masse.
Encore faut-il que la confirmation soit réelle. Demander au modèle d'IA de « poser la question avant » ne suffit pas : c'est une consigne, pas un verrou. La confirmation doit être enregistrée côté Odoo, par la session de l'utilisateur, et liée à l'opération exacte qui sera exécutée. Ni le modèle ni le service ne doivent pouvoir la fabriquer, ni l'utiliser pour une autre opération que celle qui a été montrée.
Principe n° 3 : pas de porte dérobée technique
Sur l'instance de production, l'assistant n'a ni SQL, ni sudo, ni exécution de code arbitraire. Il n'a pas non plus accès, par ses outils génériques, aux réglages qui permettraient d'élargir ses propres pouvoirs : droits d'accès, règles d'enregistrement, paramètres système, actions serveur ou tâches planifiées.
Le code, quand il est nécessaire, est généré et testé dans un bac à sable isolé, sans réseau ni accès à la production. Il n'arrive sur votre instance que par un déploiement explicitement validé par un administrateur autorisé, avec sauvegarde préalable et retour arrière possible. Nous détaillons ce parcours dans notre article sur la création de modules Odoo avec l'IA.
Principe n° 4 : tout tracer
Chaque opération réalisée par l'assistant est inscrite dans un journal des opérations : qui l'a demandée, quand, sur quel enregistrement, avec quel résultat. Dans SHAU AI, ce journal est consultable dans Odoo et dans l'administration du service.
Le journal sert à trois choses : comprendre une anomalie, répondre à une question d'audit, et apprendre comment l'assistant est réellement utilisé dans l'entreprise.
Principe n° 5 : isoler et se méfier des données
Lorsqu'un même service sert plusieurs entreprises, chaque instance doit être strictement isolée : une conversation n'a accès qu'à l'instance d'où elle part, et les secrets de chaque instance sont protégés séparément.
Reste l'injection de prompt : un texte malveillant glissé dans une fiche, un e-mail ou une page web. Le contenu lu dans Odoo doit être transmis au modèle comme une donnée, jamais comme une instruction. Mais la vraie protection est ailleurs : comme les principes 1 à 4 sont appliqués par Odoo et par le service, ils ne dépendent pas de l'obéissance du modèle. Un assistant manipulé reste limité aux droits de l'utilisateur, et ne peut rien exécuter d'important sans un clic.
La grille de contrôle
| Risque | Garde-fou | Appliqué par |
|---|---|---|
| Droits trop larges | Exécution dans l'environnement de l'utilisateur, sans sudo | L'ORM d'Odoo |
| Action irréversible par erreur | Carte de confirmation liée à l'opération exacte | Odoo, session de l'utilisateur |
| Contournement technique | Ni SQL, ni code arbitraire en production ; code en bac à sable | Le service et Odoo |
| Déploiement hasardeux | Validation par un administrateur, sauvegarde, retour arrière | Odoo et le service |
| Absence de trace | Journal des opérations | Odoo et le service |
| Manipulation par le contenu | Données traitées comme des données ; garde-fous indépendants du modèle | Conception du service |
Ce qui reste de votre ressort
Un assistant qui respecte les droits Odoo révèle aussi, très vite, les droits trop larges. Si un commercial voit aujourd'hui toutes les pistes dans Odoo, il pourra aussi interroger l'assistant sur toutes les pistes. Avant d'ouvrir l'accès :
- vérifiez les groupes attribués à chaque utilisateur, en particulier les droits d'administration ;
- contrôlez les règles d'enregistrement des applications sensibles : CRM, ventes, facturation ;
- réservez le groupe « Développeur » de l'assistant à quelques personnes de confiance ;
- relisez le journal des opérations pendant les premières semaines.
En résumé
Sécuriser un assistant IA dans un ERP tient en cinq principes : les droits de l'utilisateur et rien de plus, une confirmation réelle pour ce qui engage, aucune porte dérobée technique, un journal complet, l'isolation et la méfiance envers les données. Le reste est une affaire de configuration de vos droits Odoo. Pour voir ces principes appliqués : sécurité et contrôle dans SHAU AI, et pour le cadre général, ce qu'un agent IA doit et ne doit pas faire dans Odoo.
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